Ca me fait du bien de lire ça, ça me rassure aussi quelque part
Je connais parfois des états similaires (peut on parler "d'états"....?! )
Par périodes ça m'arrivait chaque nuit ou presque : "je" "reviens" de rien...* au départ quand je reviens, je suis juste une conscience "posée là", sans forme et sans aucune mémoire (ni corps, ni pensée, ni ressenti/ sensation, je ne sais rien de ce que je suis/sais d'habitude : ma vie, mon corps et son fonctionnement, où je suis, mon passé, qui je suis, mon nom....etc)
Puis la première chose qui revient, c'est le ressenti du corps, (sans schéma représentatif, donc de l'intérieur sans image mentale. je sens par exemple le contact du drap sans savoir ce que c'est- je ne le sais qu'après quand tout est revenu). A ce stade je me rends compte que je ne sais pas où je suis ni qui ou quoi je suis, donc retour de l'espace et de la forme.
(De leurs notions, c'est à dire, puisque je ne peux donner de forme à ce que je suis ni à l'espace où ce quelque chose que je suis se trouve)
Puis revient peu à peu tout le reste et là se déclenchent les réactions de peur, les premières fois plus fortes qu'ensuite.
Pas si dénuées de fondement ces peurs, dans le sens que si je restais dans ces états là, je serais juste un légume comme on dit...impossible de fonctionner
C'est à dire en se plaçant du point de vue du corps/individu évidemment, parce que en revenant d'états de ce genre ou autres, quelque part ce corps / individu ne semble pas avoir d'existence réelle, et surtout pas l'importance qu'on lui donne d'habitude
C'est des trucs comme ça qui me font parfois penser que je vais peut être finir dans un asile
La plupart du temps, je n'y crois pas sérieusement, mais au fond, je n'exclue jamais cette possibilité...
Une fois, dans un tram, en rentrant du travail, j'ai eu presque la même chose : perte totale de mémoire de tout ce que je décris ci dessus, sauf que là il y avait le regard qui restait... tout ce que ce regard a vu à ce moment là est digne d'une vision de science fiction, sauf que la conscience qui était présente là ne pouvait absolument rien saisir et ordonner de ce qui était vu : rien n'était quelque chose, rien n'avait de sens, c'était comme être propulsé dans un monde totalement inconnu à l'autre "bout" de l'univers, sans savoir ce qu'on est ni ce qu'on voit
Bien sûr il n'y avait plus de temps ni d'espace, ce qui était vu l'était sans ces notions, et tout ce que je viens d'écrire ne peut être pensé que quand "je" reviens
En revenant je me suis aperçue que cet état a dû durer environ une minute puisqu'il s'est déroulé entre 2 arrêts de tram, mais l'impression est que ça aurait pu aussi bien être 1 heure ou un jour ou une seconde... il n' y a aucun moyen de trouver une sensation du temps qui défile comme j'en ai l'habitude dans ce truc
Et bien sûr en "revenant", réaction : bon ben, décidément... que se passerait il si je restais dans cet état pendant des heures - dans le tram ! Le corps se retrouverait à l'hosto/asile... ou bien en fait tout ça n'existe pas, donc simplement ce rêve ne se poursuivrait pas (ma vie, ce que je pense et suis en tant qu'individu)
Ca me reconnecte cette sensation/ressenti très fort que je vis depuis l'enfance (très souvent voire constamment présent à des périodes) : toute la "réalité" - ce qu'on perçoit, pense, voit, touche, vit, ... etc est comme une image sur un écran que quand on touche légèrement du doigt tout s'évanouit... en somme je sens très fort toute l'irréalité et l'évanescence possible à chaque instant de tout ce qui compose ce qu'on a l'habitude de vivre
Bon, décidément apparemment ce forum est le lieu où j'étale mes folies
Mais ça me fait du bien de sortir tout ça, dans un cadre où je sais que justement je suis pas la seule à vivre des folies de ce genre
Merci pour ton partage Cernus, ça me fait décidément toujours du bien de te lire !
*je mets tous ces guillemets parce que ces mots semblent tellement mal adaptés et faux...surtout dans ce contexte
Je tends d'ailleurs à mettre beaucoup de guillemets dans tout ce que j'écris pour cette raison là. J'ai toujours une certaine frustration que le langage ne parvienne pas à exprimer ce qu'il y derrière lui...